Esthétique du viol, roman

Esthétique du viol


Roman fleuve abyssal aux multiples facettes, chef d’œuvre de littérature subversive promis à une postérité de livre culte, Esthétique du viol narre à la première personne l’histoire cruelle et fascinante d’un petit éditeur parisien désenchanté, devenu violeur en série par conviction.


Tels une image de Witkin suscitant à la fois fascination et répulsion, un tableau saisissant de Jérôme Bosch ou de Francis Bacon « dont le nom même, nous dit Clinquart, profère la double vue vociférante », ce roman dérangeant et sulfureux, résolument immoral, ignorant la censure et condamné à décourager les meilleures volontés de n’importe quel prix littéraire, emprunte avec une fureur passionnée et transgressive à de multiples registres, de l’essai littéraire au roman noir en passant par la poésie, la tragédie contemporaine ou la (fausse) autofiction.


Bien qu’unique en son genre, il assume sans fausse pudeur ses nombreuses filiations. D’abord celle des poètes maudits et des infréquentables, d’Artaud à Jean Genet, de Louis-Ferdinand Céline au Marquis de Sade, de Drieu la Rochelle à Pasolini, Matzneff, Nabokov, de Quincey, Mishima, Hubert Selby ou Peter Sotos. Mais aussi celle des aphoristes cinglants, tels Roger Nimier ou Cioran, Blondin ou Calaferte, des grands auteurs lyriques que sont Lautréamont, Malcolm Lowry, FJ Ossang, des exaltés et flamboyants mystiques, Léon Bloy, Dostoïevski ou Maurice G. Dantec en tête, enfin de Gilles Deleuze, Mehdi Belhaj Kacem, Georges Perec et Jorge Luis Borges pour sa construction gigogne, rhizomatique jusqu’à l’inextricable.


À des années-lumière du nihilisme trash et finalement inoffensif d’un Bret Easton Ellis glosant sur l’absence d’humanité et de compassion des tueurs en série, Clinquart embrasse au contraire de plein fouet, et explore dans toutes leurs dimensions morale, sociétale, philosophique, théologique, psychologique, poétique, économique, pénale, charnelle et naturellement esthétique, la question du viol, mais aussi celles de la séduction, de la jalousie, des rapports au sein du couple, de la création artistique et de la condition d’écrivain, des injonctions contradictoires d’une société de consommation libérale-puritaine constamment partagée entre célébration et frustration du désir.


Pascale Goze, éditrice


(Visionner le trailer vidéo du roman)



Couverture du roman

Éditions Lunatique 2016 - ISBN : 979-10-90424-62-3

Broché - 720 pages - Format 13,5 x 17 cm - 24 € TTC



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